Daniel Ohl, Avocat à la Cour, Professeur associé des Universités, et Frank Martin Laprade, Docteur en droit, Avocat associé, JeantetAssociés
Un pacte conclu entre les actionnaires d’une société cotée ou entre des actionnaires actuels et des tiers, actionnaires en puissance, peut avoir différents objets : organiser le transfert de certaines participations, notamment lorsqu’elles sont significatives, ou bien matérialiser l’accord de certains actionnaires sur le sens à donner à leurs votes lors des assemblées générales. La conclusion d’un tel pacte a un effet – immédiat ou à terme – sur l’acquisition d’une société cotée, dans la mesure où ce type de contrat vise le plus souvent à faciliter une prise de contrôle, à renforcer un contrôle existant ou à organiser la défense de la société contre une prise de contrôle hostile, laquelle prend généralement la forme d’une offre publique d’acquisition (OPA). En tant que contrat, il relève du droit commun des contrats avec les limites traditionnelles tenant à la difficulté d’obtenir l’exécution forcée d’une obligation de faire et en tant que contrat gravitant dans l’orbite du droit des sociétés, ses effets ne doivent pas contrarier l’intérêt social. En tant que technique utilisée pour faciliter ou contrer une opération de marché, le pacte d’actionnaires intéresse le droit boursier, spécialement le droit des offres publiques, qui impose de nombreuses règles d’ordre public, dans le souci, notamment, d’assurer la transparence de l’information et le bon fonctionnement du « marché du contrôle » .